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Mars
2024
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11:15
Europe/Amsterdam

Un camion Daimler de 1899

Un oiseau rare de 1899 : un camion Daimler à cardan

Leinfelden-Echterdingen/Wörth (Allemagne) - La troisième version du tout premier camion au monde, né en 1896,est un membre important de la collection Mercedes-Benz Trucks Classic. Il s'agit d'un camion Daimler de 1899 à transmission à cardan, construit par Daimler-Motoren-Gesellschaft, entreprise installée à Cannstatt à deux pas de Stuttgart.  

Le camion, qui à l'époque fonctionnait encore avec l'essence achetée en pharmacie, avait été lancé trois ans plus tôt. Rappelons que la voiture elle-même n'avait que 13 ans à l'époque… L’un comme l’autre étaient à l'époque extrêmement rares sur les routes. Les voitures tirées par des chevaux continuaient d'être largement utilisées pour le transport des personnes et des marchandises, en particulier dans les villes. Le transport de marchandises sur de longues distances se faisait alors par rail ou par bateau.

D'après le "livre de commission" – la liste des productions en sortie de chaîne -, en date du 11 mars 1899, ce camion à cardan Daimler a été aussitôt livré à la "Stuttgart Municipal Water Works" (que l’on pourrait traduire par « Service des Eaux de la ville de Stuttgart »), où il a servi loyalement entre 1899 et 1923. Une photo prise au passage souterrain près de la gare de Cannstatt nous ramène à cette époque : à l'avant, dans une cabine ouverte, est assis le chauffeur, tandis qu'un ouvrier se tient à l'arrière du quai. A côté de lui se trouve un énorme étau ainsi qu’un appareil pour couper les tuyaux et les filetages - outils indispensables à l'époque pour la pose des conduites d'eau, alors le plus souvent en métal.

Après 24 ans, le Service des Eaux de Stuttgart le remplace par un modèle plus récent et le redonne à la Daimler-Motoren-Gesellschaft - il entre alors au musée de la firme. Lorsque les bombardements se sont intensifiés sur Untertürkheim et les usines de la marque au cours de l’année 1944, une partie de la collection du musée a été transférée à Dresde. Pendant l'occupation de l'Allemagne de l’Est et les années précédant la réunification, toutes les tentatives de retour du véhicule à Stuttgart ont échoué. Ce n'est qu'après la chute du mur de Berlin en 1989 que la société Daimler-Benz AG, comme elle s'appelait alors, a réussi à conclure en 1991 - après deux ans de négociations - un accord avec l'État libre de Saxe pour la restitution au musée, après 63 ans d'absence, de 16 véhicules historiques, dont ce camion à cardan de la marque Daimler. Dans le cadre de la scission de Daimler Truck AG, le véhicule a été transféré dans l'inventaire de Mercedes-Benz Trucks Classic, où il est désormais conservé et entretenu.

Visuellement, le camion à cardan Daimler de 1899 ressemble à une voiture hippomobile, chevaux en moins mais avec un vaste plateau, des roues en bois et un moteur à combustion. Trois ans seulement après la livraison du premier camion, sa technologie a déjà été considérablement développée. Mieux, ses caractéristiques de base sont toujours d'actualité. Contrairement aux premier et deuxième modèle de camions de la marque, l'entraînement du camion par cardan n'est plus installé à l'arrière ou sur le châssis du véhicule, sous la cabine, ce qui rendait parfois délicat le chargement par l'arrière. Il est dès lors placé à l'avant du véhicule, au-dessus de l'essieu avant. La direction du camion s'effectue désormais à l'aide d'un vrai mécanisme de direction et non plus de chaînes. La transmission de la puissance par pignons dans la roue anticipait l'essieu planétaire moderne actuel. Le refroidissement efficace du moteur à l'aide d'un radiateur tubulaire et les freins agissant sur les deux roues arrière, ainsi que sur la boîte de réduction, faisaient partie des caractéristiques les plus modernes en 1899. L'utilisation de freins uniquement sur l'essieu arrière restera courante pendant de nombreuses années.

Dans la brochure commerciale de l'époque, le camion à cardan Daimler de 1899 était proposé avec un "moteur à 2 ou 4 cylindres" et "allumage électrique". L'allumage conventionnel par "tube chaud", qui se faisait à l'aide de copeaux de bois, avait souvent pour effet secondaire de noircir le visage du conducteur, point ennuyeux pour la visibilité ! Les puissances de ces véhicules variaient entre 4, 6, 8, 10 et 12 chevaux. La capacité de charge était de 1 550 à 5 000 kilogrammes selon les versions. "Les roues sont équipées de pneus en fer", peut-on lire dans la description. Sur les pavés des rues des cités de l'époque, on imagine le bruit de ces engins !